Littérature

Cold Winter Challenge #2 : Janvier 2018

Et le mois de janvier est arrivé bien rapidement… Et s’est déroulé tout aussi vite ! Je me suis lancée dans les cinq derniers livres qu’il me restait dans ma PAL pour l’occasion mais j’ai été présomptueuse. Je n’ai pu en lire que trois sur les suivants :

  • King Kong Théorie de Virginie Despentes
  • Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie
  • L’orpheline des neiges de Marie-Bernadette Dupuy

Même si MacBeth de Shakespear n’était pas très long et Outlander reste une de mes sagas fétiches, ingurgiter autant de livres en un mois aurait relevé du miracle.
Je me les réserve donc pour le mois de février à venir !

L’avantage de n’avoir lu que ces trois livres est que, sans le vouloir, ils correspondaient tous à une veine féministe. Que je le cherche ou non dans mes lectures, ces trois romans/essais m’ont fait réfléchir et appréhender à différents niveaux certaines thématiques. Jouons carte sur table dès le départ : j’ai eu deux bonnes lectures et une autre qui m’a laissée pantoise de colère par instant et prodigieusement agacée.

  • Livre #6 : King Kong Théorie de Virginie Despentes

Résumé : En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l’auteur de Baise-moi conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Manifeste pour un nouveau féminisme. (Source : Babelio)

Mon avis : King Kong Théorie n’est pas un roman mais un essai. N’espérez pas y trouver des personnages, une trame… L’autrice développe ses idées sous forme de courts chapitres, elle revient ainsi sur son passé de prostituée, sur son viol. Sur ce qui l’a construit, ce qui l’a détruite. Le style tend aussi bien vers le vulgaire et le cru que par de petites pépites stylistiques dissimulées tout au long du texte. L’essai est fait pour déranger, pour confronter le lecteur brutalement aux vérités et aux valeurs de l’autrice.
On peut ne pas les partager ou totalement y adhérer : celle sur la prostitution m’a laissée pantoise. Effectivement, qui sommes nous pour juger ce que souhaitent les travailleuses du sexe, pour leur imposer nos normes pour préserver notre pudeur et notre hypocrisie?
Je vous invite à lire l’ouvrage, juste pour comprendre et vous faire votre propre avis. C’est une vision du féminisme forte et incarnée : une fois de plus, on peut ne pas partager les valeurs mais cela reste intéressant de comprendre et se faire sa propre opinion sur différentes thématiques jugées « tabou » par notre société alors qu’il s’agit d’une réelle hypocrisie. En soit, nous avons tous connaissance de ces faits mais nous préférons fermer les yeux, fuir alors qu’y faire face rendrait le tout beaucoup moins « moche ». Promis, ce livre ne vous laissera pas indifférent.

  • Livre #7 : Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

Résumé : « En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire. » Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés? Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria. (Source Babelio)

Mon avis  : Ce livre m’a été offert pour mon anniversaire par une de mes meilleures amies. J’avais lu au courant du mois d’octobre l’essai de Chimamanda Ngozi Adichie « Pourquoi nous devrions tous et toutes être féministes », discours d’une de ses participations à un TedX. Je l’avais trouvé intéressant mais n’en étais pas sortie non plus transcendée.
Americanah est différent, même si l’on y retrouve la plume si particulière de l’autrice. On y suit la vie d’Ifemelu aux USA ou comment le rêve américain n’est peut-être pas aussi idyllique qu’on ne le pense, tout du moins lorsque l’on n’est pas blanc. Je n’ai pas été émue par l’histoire d’amour entre Ifemelu et Obinze, je l’ai même trouvée plus là pour habiller le récit, lui donner un relief supplémentaire qui pour moi n’était pas le principal. Ce sont toutes ces réflexions distillées au long du récit sur le racisme, le féminisme qui m’ont bien plus émue que cette relation adolescente. La difficulté de partir dans un monde si différent de celui dans lequel vous évoluez, où vous devenez vous même une différence réelle, aussi bien vis à vis des personnes que vous laissez derrière vous que celles que vous rencontrez dans ce nouveau pays, est merveilleusement bien dépeinte. Comment trouver sa place, se comprendre et ne pas se renier soi-même… Ce roman soulève une réflexion fine et pointue sur l’intersectionnalité (L’intersectionnalité est une notion employée en sociologie et en réflexion politique, qui désigne la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de domination ou de discrimination dans une société), le racisme et le féminisme. Il m’a fait réfléchir, me remettre en question et comprendre beaucoup de choses. Le roman ne plonge jamais dans le pathos ni dans l’accusation frontale mais est beaucoup plus subtil.
Quant au style, je l’ai trouvé beau et vivant. Je n’ai à reprocher que certaines petites longueurs mais bon, quand on lit et qu’on adore Diana Gabbaldon et Ken Follett (deux auteurs sûrement rémunérés à la page), ca serait mal venu !

  • L’orpheline des neiges de Marie-Bernadette Dupuy

Résumé : Janvier 1916. Dans le village de Val-Jalbert sur les bords du lac Saint-Jean au cœur de la forêt québécoise, une religieuse découvre un bébé abandonné dans un ballot de fourrures, sur le perron enneigé du couvent-école. D’où vient ce poupon aux yeux si bleus, qui porte le nom de Marie-Hermine, comme en témoigne une courte lettre cachée dans ses vêtements ? L’enfant sera élevée et instruite par les sœurs du Bon-Conseil et souvent confiée à une jeune mère des environs, Élisabeth Marois. Dotée d’une voix exceptionnelle, au fil des années, l’orpheline gagnera le surnom de « rossignol des neiges »… (Source Babelio)

Mon avis : Ahlallaa… Vous cherchiez des raisons pour ne pas lire un roman ? Allons y.
> L’histoire et les personnages sont d’un cliché révoltant. Une gamine abandonnée dans la neige, élevée par des bonnes soeurs, à la recherche de ses parents… Mmmmh. Bon. Prévisible mais soit. L’héroïne, Marie-Hermine, m’apparaît comme la définition même du stéréotype : petite, menue, blonde aux yeux bleus, très jolie, chanteuse émérite.. Et comme elle a été élevée par des bonnes soeurs, elle est bien évidemment d’un tempérament altruiste, empathique et j’en oublie.
Sérieusement. Comment s’attacher à une gamine aussi tarte ? Elle dégouline de bons sentiments, elle reste impulsive parce que oui, faut raler un peu quand même, notamment lorsque l’on critique son fiancé, Toshan. Ce dernier est évidemment le fils des personnes qui avaient recueilli ses parents en fuite et qui tombe amoureux d’elle du premier coup d’oeil.

> La place de la femme. Elles sont nombreuses dans ce roman mais l’autrice devait avoir une palette de stéréotypes sous la main au moment de les ébaucher … Aucun caractère, soumise ou presque à leur mari, des chialeuses, à l’exception d’Elisabeth peut-être… Deux choses qui m’ont rendue dingue : 

  • L’hypocrisie du harcèlement sexuel. Marie-Hermine, elle pousse bien la chantonnette donc son père adoptif souhaiterait la marier avec un de ses fils, pour empocher le pactole. Les deux gamins en ont rien à carrer l’un de l’autre, s’opposent joyeusement à l’abruti consanguin qui leur sert de référent masculin. Jusque là, j’étais contente (ALLEZ LES JEUNES !). Et puis… D’un coup, le Simon commence à se dire « ah ouais elle est mignonne et y a peut-être moyen de gratter du flouze »… Il essaye alors de l’embrasser de force. Elle le repousse, il se comporte comme un enfant capricieux, râle un bon coup. Et là, le paragraphe se termine sur « Ils n’avaient jamais été aussi bons amis« . C’est sûr, ça crée des liens et ça apaise les tensions, un mec légèrement trop empressant et vénal.
  • Marie-Hermine est sacrément niaise. Elle tombe amoureuse de Toshan qu’elle a vu trois fois en tout et pour tout mais t’inquiète biloute, c’est l’homme de sa vie. Ils finissent par se marier, apprennent à se connaître au fur et à mesure d’un petit voyage en pleine cambrousse. Et là, le gus lui sort très naturellement « Tu feras une brave petite femme« . Marie-Hermine dans tout ça ? J’imagine qu’elle devait être plus contente que moi à cette annonce.

> Le style reste lisible, si l’on oublie les mots « chéris » et « adoré », utilisés à tort (surtout) et à travers pour dépeindre les relations entre les personnages. Après, nous assistons à des petites descriptions de derrière les fagots, où lyrisme, niaiserie, stéréotype s’allient pour notre plus grand désespoir. Un exemple ? Par ici, mes amis : « Secouée d’un long frisson de désir, elle s’élança vers lui. Il la saisit par la taille et l’enveloppa de ses bras avec délicatesse. De crainte de l’effaroucher, car il la devinait inexpérimentée en amour, il ne la serra pas de trop près. Ses lèvres effleurèrent les joues de l’adolescente, le bout de son nez puis sa bouche. Leur baiser eut la saveur de l’été, le parfum des plantes sauvages de la prairie. Ils accostaient sur une île ensoleillée faite pour célébrer leur amour.« 

Voilà, voilà… Je pense que tout est dit.

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